Popcorn – Fiction #03

Instagram: @nerudagungoren Just saw the movie The crimes of grindelwald. I loved it! Looks like I'm all alone in the cinema but it was pretty full. #popcorn #movies

La chaleur ambiante est confortable. Propice pour faire une petite sieste. Cela est davantage agréable lorsque l’on vient de naître et que notre sucre, encore liquide, coule à sa guise.

La lumière, dorée et tamisée, nous éclaire, moi, mes frères et sœurs. Nous sommes serrés les uns contre les autres, mais cela ne nous gêne pas. Nous sommes bien, nous formons un même cocon. Seules, les lampes à chaleur produisent un grésillement, calme et reposant. Dans le shop, tout est serein. Nous percevons au loin une rumeur, très légère, de conversations.

L’heure de quitter les nôtres approche. C’est inéluctable, nous le savons, mais nous profitons encore un peu des uns des autres.

Puis, la quiétude du shop se brisa. Les conversations, bruyantes, emplirent la pièce. Des mains attrapèrent ceux qui se trouvent en première ligne. L’agitation gagne les rangs. C’est la panique. Très vite, j’arrive moi-même au front. Par chance, j’ai encore tout mon contenu. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde. À côté de moi, l’une de mes sœurs, a déjà perdu une bonne partie de ses grains soufflés, éparpillés autour d’elle. Je n’aime pas ça. Cette vue est insoutenable. Comment faire pour la guérir ?

Je n’ai, malheureusement, pas le temps de réfléchir à la question qu’elle est enlevée sous mes yeux par l’une de ses créatures bruyantes. La pauvre, elle qui n’avait déjà plus beaucoup de ses grains, se retrouve avec encore moins qu’avant, son contenu répandu au sol. Quelle horreur.

Autour de moi, le même sort s’acharne sur mes frères. Cela sera bientôt mon tour, je le sais.

Comme un coup du destin, ça y est, je les sens. Ces choses qui vous attrapent des deux côtés de votre taille, si comme moi, vous faites parties des grands, ou vous encercle si vous êtes parmi les plus petits. Je prends une profonde respiration et attends la douleur. Celle que l’on ressent quand les grains s’échappent. Mais rien ne vient. Je m’élève simplement et rencontre une surface molle et chaude. Moins que la lampe, mais, il s’en dégage une douce chaleur et je ne ressens aucune précipitation.

Mon kidnappeur se déplace calmement. Il parcourt le shop et s’arrête devant l’Antre du Froid.

J’en avais entendu brièvement parler de cet endroit. Il paraît qu’il y fait tellement hostile qu’aucun popcorn n’y a longtemps survécu. Tellement glacial que seuls les plus braves y résistent.

Je sens que mon ravisseur se penche légèrement. J’ai peur pour mes grains mais rien ne s’échappe de mon corps. La porte de l’Antre du Froid s’ouvre et je sens cette non chaleur arrivée jusqu’à moi, c’est donc ça le froid. Je sens mes grains frissonner. J’ai envie de me presser contre la chaleur de mon ravisseur pour me réchauffer. Puis, plus de froid. Un petit clap annonce la fermeture de la porte de l’Antre.

J’ose jeter un coup d’œil, mais on ne voit presque rien de ce qu’il se passe de l’autre côté.

– Salut.

Non loin de moi, juste un peu plus bas, j’aperçois un citoyen de l’Antre. Cylindrique, d’une matière résistante au froid et d’une couleur bleue dominante, avec quelques touches de rouge et de blanc. Il a de petites étincelles de lumière qui brillent le long de son corps.

– Salut, lui répondis-je

Le citoyen de l’Antre se présente d’une manière, assez atypique.

– Soda, matricule BF-9460, date de péremption 05-10-23. Enchanté de faire ta connaissance.

Je ne sais pas trop comment me présenter. C’est là que je me rends compte que l’Antre du Froid est un lieu très sophistiqué.

– Popcorn, sucré, enchanté également.

– Et ton numéro de codage ?

– Mon quoi ?

Le citoyen mit un petit temps avant de reprendre la parole. Durant ce temps, notre ravisseur continuait son tour calmement.

– Tu as au moins une date de péremption ?

– Euh, je…

– Je vois. Donc, ce que l’on dit sur votre espèce est véridique.

– Et que dit-on ?

– Que vous êtes des éphémères. Que vous avez tous une durée de vie limitée.

– Je pense, oui. En tout cas, tous ceux qui étaient avec moi sont nés le même jour que moi. Personne n’était venu la veille.

– C’est édifiant cette durée de vie. Moi, cela fait deux mois que j’étais dans ce frigo. J’en ai vu passer des humains.

J’ose à peine lui demander ce que signifient tous ces mots. “Mois”, “frigo”, “humain”. Tout cela est nouveau pour moi, j’ai du mal à saisir. Cela doit se lire sur mon emballage, car Soda ne tarde pas à me définir presque tous ses mots.

Donc, si j’ai bien tout compris, “mois”, cela signifie une durée de vie. Soda, par exemple, à encore 30 mois devant lui. “Frigo”, c’est l’autre nom de l’Antre du Froid et “humain”, ce serait le nom du ravisseur. Je tente de voir le sommet de Humain. Je n’y vois pas grand-chose, mais ce que je sais c’est qu’il semble beaucoup plus calme que ceux qui nous bousculent. Et que la contraste entre ma rigidité et sa douceur me procure une drôle de sensation.

Humain vient de se mettre dans une file qui comporte d’autres membres de son espèce. Ces créatures ne s’arrêtent donc jamais de parler ? D’ailleurs, le nôtre est directement rejoint par un autre, accompagné d’un paquet de nachos au cheddar et d’une bouteille. La bouteille nous salue, de la même manière que Soda. En ce qui concerne le nachos, il ne répond pas à ma tentative de présentation. C’est assez déroutant.

– Ne fais pas attention, me dit la bouteille, il me snobe depuis que l’humaine l’a attrapé.

Quelle curieuse façon d’agir. Je ne comprends pas son attitude.

Sans que je ne comprenne pourquoi, après avoir avancé dans la file, Soda est déposé sur une surface et touché par une autre créature. Puis vient mon tour. Ce nouvel autre me prend à deux mains et m’aveugle avec une lumière rouge qui produit un bref bip.

Je n’aime pas ses mains, elles sont froides et sans douceur.

D’un coup, je rejoins Soda. J’ai failli en perdre des grains. Humain nous reprend pendant que c’est le tour de Bouteille et de Nachos de passer ce contrôle. Puis, une fois qu’ils sont retournés dans les bras de Humaine, nous retournons en mouvement.

Notre nouvel environnement est rouge et noir. Le sol est molletonné, dans une matière qui ne produit aucun son quand nos enleveurs marchent dessus. Notre chemin se poursuit un petit moment, jusqu’à franchir de grandes portes. De l’autre côté, l’ambiance est différente. De multiples petites lumières nous surplombent, une grande toile blanche est étendue à la verticale juste en face de …

– De sièges, m’explique Soda. Je me demande quel genre de film ils ont choisi.

– À quoi ça sert, un film ?

– À se distraire, principalement. Dans le frigo, il y a des rumeurs qui disent que certains humains prennent les films en excuse pour se bécoter.

– Se quoi ?

– Tu sais, se faire des bisous. Le truc qu’ils font avec leur bouche et leur salive.

Non, je ne sais pas du tout. C’est la première fois que j’entends parler de ça. Ceux nés quelques heures avant moi n’avaient pas ce genre de connaissance. Je pense qu’ils ont dû le découvrir il y a peu. Si mes estimations sont exactes, cela a dû se dérouler, il y a deux heures.

Humain et Humaine montent des escaliers avant de s’engager dans une rangée de sièges, ils passent devant d’autres de leurs congénères avant de s’installer. Je me sens un peu bizarre, me voilà sur les genoux de Humain, alors que Soda se trouve dans un espace prévu pour sa taille. Je trouve cela triste qu’il soit tenu à l’écart, comme cela, mais lui semble apprécier. Il semble même excité.

– C’est trop bien ! J’en avais entendu parler durant tout ce temps dans le frigo, mais cela semblait tellement trop beau que j’ai toujours cru qu’il s’agissait d’une légende ! Regarde, Popcorn ! C’est un porte gobelet ! Et j’y entre ! Regarde, regarde ! Hop !

Soda m’amuse. Il fait exprès de se déséquilibrer pour me montrer que les parois de son emplacement l’empêchent de tomber. Il peut faire des ronds sur lui-même sans avoir peur de faire une chute. On dirait un jeune grain qui s’apprête à sauter sous la chaleur, c’est mignon.

Il n’y a pas que moi qui regarde Soda s’amuser comme un fou, Bouteille se trouve dans le même genre d’emplacement, de l’autre côté, à ma gauche, et semble aussi amusée à le regarder. Par contre, elle reste calme. Nachos est sur les genoux de Humaine, mais ne semble pas aussi troublé que moi. Au contraire, il semble blasé. Pourtant, Humaine a bien ses mains autour de lui, comme Humain. Sauf que Humain caresse mes côtés et… Cela me trouble terriblement. Je ne sais pas trop pourquoi. Mais sentir ses douces caresses me réchauffent plus que ne l’ont fait les lampes à chaleur.

Tout concentré à mon trouble, je ne remarque qu’à peine que Bouteille s’élève entre les mains de Humaine. C’est le long Psssssh et le Crack qui me ramène à la réalité et que je vois que Humaine a décapité Bouteille. Un cri résonne en moi, mais n’arrive pas à s’exprimer clairement. Soda continue de s’amuser comme si rien ne s’était passé et Nachos regarde d’un air paresseux Bouteille reprendre sa place avec moins de liquide en elle qu’au départ.

Mais elle a récupéré son bouchon.

Je n’ai pas le temps de lui demander comment elle va que c’est au tour de Soda de s’élever et … Pssssh ! Humain lui a fait quelque chose. Mais je ne sais quoi. Il porte le sommet du crâne de Soda à sa bouche et… Il lui fait quoi ? Je ne vois pas très bien d’ici, mais je n’aime pas trop cela.

Soda est vite reposé dans son porte-gobelet et c’est là que je constate avec horreur qu’il a un trou dans la tête et du liquide transparent autour. J’en suis tout à mon horreur et pourtant, il ne trouve pas mieux à me dire que :

– Eh ben, ça décoiffe !

Mais il est sérieux ?!

Il vient de se faire ouvrir le corps et tout ce qu’il trouve à dire c’est “ça décoiffe” ?!

Mais il faut faire quelque chose ! On ne va tout de même pas laisser ces deux créatures nous faire ça !

Devant nous, je vois d’autres bouteilles et d’autres canettes subir le même sort. Mais où suis-je tombé ? C’est quoi ce complot ?

Je n’ai pas le temps de me plaindre plus. Les deux mains de Humain reprennent leurs caresses quand les lumières s’éteignent une à une. La toile du fond s’anime d’images. Mais je ne les vois pas, je ne sens que les caresses . Tout est flou autour de moi. Quelles sensations étranges. J’étais révolté, il y a à peine quelques secondes, et il a suffi d’un toucher pour que je me liquéfie plus vite que mon sucre. Et ce n’est absolument pas désagréable, au contraire. Je ne pense pas que l’on puisse faire mieux. J’aimerais que cela dure longtemps.

La toile de fond produit également du son, et c’est qu’au bout de quelques paroles que je me rends compte d’une chose. Humain a ses doigts sur le sommet de ma tête et touche l’un de mes grains. C’est un contact encore plus intime qu’avant. Alors que j’aurais pu croire que cela serait douloureux. J’en viens à me rendre compte que non. Est-ce plus agréable que les mains à la taille ? Vous n’imaginez pas à quel point. Puis, le grain qu’il touchait s’envole et c’est là que je découvre l’extraordinaire. Le grain a quitté mon seau et j’arrive à le sentir au loin. Il s’envole dans les airs et… il atterrit sur les lèvres de Humain.

C’est… Indescriptible. C’est doux, c’est chaud, c’est humide. Tout à la fois. Mais surtout, je ne sais plus où me mettre. J’ai conscience que Soda me parle, qu’il partage avec moi ses impressions du film, mais j’avoue que je ne suis plus rien depuis que mon premier grain s’est envolé. Je ne sais même pas de quoi cela parle, à quoi ça ressemble, je n’en ai aucune idée. Tout ce que je sais, c’est que j’aime cette sensation et que je ne veux m’intéresser qu’à cela.

Le quart de mes grains ont disparu dans la bouche de Humain et les sensations que cela me procure n’ont pas diminué. Pire, j’en redemande.

Blotti contre lui, je regarde sans réelle concentration la toile animée de couleurs et de formes, sans vraiment les voir. Soda a depuis un moment arrêté de me solliciter. Je pense qu’il a compris que je ne suis pas dans mon état normal et du coup, il communique avec Bouteille.

Cet état de bien-être est hypnotique. Tout ce qu’il y a autour de moi n’a plus d’importance. Mon bonheur est parfait.

Enfin, c’est ce que je croyais.

Alors que je lui aurai donné tous mes grains sans rien demander en retour. La main de Humain dévie de sa trajectoire pour aller vers les genoux de Humaine et… prendre l’une des chips de Nachos.

Le son qu’il produit en mordant une partie de Nachos me sort de ma léthargie. Comment a-t-il osé?

Ahuri, je regarde dans un premier temps la petite poudre orange au coin des lèvres de Humain, puis l’emballage de Nachos qui semble ne rien avoir remarqué. Si seulement, il n’avait pris qu’une seule chips, mais non ! Humain en reprend, plusieurs !

Une nouvelle chaleur monte en moi et elle n’a rien d’agréable. Je me sens trembler. Nachos qui me semblait déjà peu sympathique m’apparaît complètement antipathique. Je l’exècre.

– Ça va Popcorn ? s’inquiète Soda

– Ouais. Ça va très bien !

Soda garde un temps de silence face à ma réponse brutale. Puis, j’entends ses bulles pétillées d’amusement.

– Tu es jaloux.

– Jaloux, moi ? N’importe quoi.

Soda continue de pétiller.

– Oui, jaloux. Ça se lit sur ton emballage. Depuis que notre humain a mangé une partie de toi, tu sembles le plus heureux du monde. Mais maintenant qu’il a voulu goûter à Nachos, tu boudes.

Je garde un moment le silence et regarde ailleurs.

– C’est mignon et en même temps triste, déclare Bouteille.

Je me tourne vers elle, étonné.

– Pourquoi ?

– Parce que ce que vous partagez est éphémère, répond-elle.

Encore ce mot.

– Pourquoi dites-vous tous ce mot ? “Éphémère”, je ne comprends pas.

– Parce que c’est ce que nous sommes, tous, reprend-elle, catégorique.

– Elle a raison, surenchérit Soda, toi, moi, ton humain. Surtout nous. D’ici la fin du film, nous aurons fini notre petite vie ici et nous rejoindrons le Centre de Recyclage, pour les plus chanceux d’entre nous. Pour les autres…

– Quoi ? Où vont les autres ? demande-je

– Ils errent au hasard. Tantôt sur un trottoir, sur une aire d’autoroute, voire dans la mer. Il paraît que certains d’entre eux arrivent à être recyclé en croisant la route d’un humain généreux, m’expliqua Bouteille d’une manière religieuse.

Je trouve cela beau et en même temps effrayant.

– Et… est-ce que c’est possible que d’ici la fin du film, nous restions encore un temps avec Humain ?

Soda et Bouteille se tournent dans un même mouvement vers moi. Tous les deux désolés.

– Non, répondent-ils catégoriques.

Cela me frustre. Je n’aime pas cette réponse. Elle ne me plaît pas et ne me convient pas.

J’aimerais encore rester avec lui. D’ailleurs, je suis convaincu que c’est pareil pour lui. Il a repris de mes grains. Les chips de Nachos ne doivent pas être à son goût.

– Dans ce cas, s’il n’est pas possible que l’on reste ensemble à la fin du film, où irons-nous ?

Soda se penche et me montre une forme légèrement révélée par les lumières de la toile en contrebas.

– Si notre humain est responsable, nous finirons à la poubelle qui est là-bas. Tous ensemble. Toi, moi, Bouteille et Nachos aussi.

Je fais preuve d’un peu d’attention à Nachos, mais comme à son habitude, il reste figé. J’aime pas trop l’idée de rester avec lui. Bouteille et Soda, sans problème, mais Nachos…

D’ailleurs, comme pour m’embêter, Humain reprend encore des chips de Nachos et cette fois avec du fromage. Ça m’énerve ! Oh comme ça m’énerve !

Je passe le reste de la projection, blotti contre Humain, pour tenter de lui rappeler que j’existe moi aussi. Que je suis meilleur que Nachos. Le sucré, c’est mieux que le salé.

Je pense avoir réussi ma manœuvre, le reste du film se passe sans qu’il ne touche encore à Nachos, Humain me vide de mes grains. Il ne doit rester que ceux qui n’ont pas réussi à sauter. Et, avec ce contenu en moins, je me sens fatigué, vidé.

J’ai un sursaut de conscience quand une musique plus forte emplit la salle, les lumières du plafond se rallument et sur la toile, un fond noir et un défilement blanc apparaissent.

– Ça y est, mes amis, déclare Soda. Le grand moment est arrivé.

Je redresse difficilement mon emballage. Je n’ai plus grand-chose en moi, mais je ressens un mal-être qui me conjure de rester accrocher à Humain le plus possible, autant que je le peux.

Humaine et Humain se redressent. L’un comme l’autre prennent Soda et Bouteille dans une main.

– Alors, qui veut parier ? dit Soda, après être revenu de la bouche de Humain. Poubelle ou errance ?

Je sens dans sa voix que lui aussi est fatigué, il ne doit plus avoir aucune bulle.

Alors que je m’attristais de son état, en oubliant le mien, il se passe quelque chose d’extraordinaire auquel je n’aurai jamais pensé. Humain introduit Soda en moi. Alors que je suis encore tout à mon étonnement, j’entends Soda rigoler en s’apercevant que Bouteille le rejoint et aussi… Nachos !

Quelle horreur ! Non ! S’il te plaît, Humain ! Tout mais pas cela ! Retire cet emballage antipathique de moi !

– Je pense que nous allons finir à la poubelle, mon cher Soda, déclare Nachos.

Oh par tout le Sacré Caramel, il sait parler ? Nachos n’a pas sorti une seule phrase depuis que nous sommes sortis du shop et c’est maintenant qu’il se livre ? Au moment le plus fatidique du monde ?

Humain et Humaine reprennent le chemin inverse. Au lieu de monter, ils redescendent et se dirigent vers la forme que je devinais quand Soda m’avait expliqué quel chemin il était possible que nous empruntions.

Je me sens fébrile.

Non !

Je ne veux pas aller là-bas. Je ne veux pas finir dans cette chose où certains de mes semblables s’y font engouffrer par leurs humains. Je veux rester avec mon Humain. Je tente de frémir, pour qu’il me remarque, pour qu’il sache quel est mon souhait.

Quand il me sentira, il baissera le regard.

Quand il me verra le supplier, il comprendra.

Alors, il retirera Nachos, Bouteille et même Soda. Eux, il les mettra dans la poubelle. Et moi, il me gardera auprès de lui. Pour toujours.

Nous vivrons ensemble. Nous vieillirons ensemble. Il me remplira de nouveaux grains soufflés. Nous regarderons d’autres films, ici dans cette salle, ou ailleurs.

Rien de tout cela n’est arrivé.

J’y ai pourtant mis tous mes efforts, toute ma foi, tout mon… amour?

J’ai tenté. Il ne m’a pas entendu, pas senti.

Et nous voilà dans la poubelle. Ensemble, à jamais.

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