Imbolc dans l’Imaginaire

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Qu’est-ce Imbolc ? Il s’agit d’un sabbat célébré le 2 février. Une fête païenne liée à la déesse Brighid. Cette célébration se situe entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps. 

Voilà pour la brève présentation 

Mais quoi d’autre ?

Suivant les cultures, Imbolc a plusieurs noms. En Irlande, on dira plutôt Oimelc (lait de brebis), dans la tradition romaine, on célèbre “Lupercalie” et en Egypte, Candelmas. Et de nos jours, nous la connaissons sous le nom de Chandeleur. 

En ésotérisme, il s’agit du sabbat annonçant le printemps, il est associé à la purification, à la fécondité et au pouvoir de la lumière et du soleil. La terre se réveille après une longue nuit d’hiver.  

Pour plus d’informations sur cette fête païenne et ses célébrations, je vous invite à aller lire l’article de Mary, de MysticMoon. Mon objectif dans cet article n’est pas de parler de la fête, mais plutôt de vous inviter à l’utiliser dans votre processus de création d’histoires et d’univers.

Utiliser les fêtes païennes dans ses histoires

Durant le processus de création d’un univers de fantasy, nous nous torturons souvent l’esprit à créer un calendrier et des fêtes cohérents. Mais pourquoi ne pas piocher dans ce qui existe déjà, ou a existé ?

Pour ma part, durant l’écriture de ma première histoire, je me suis longtemps cassée la tête à créer un calendrier non basé sur le nôtre. Et même pire, j’ai créé deux versions d’un même calendrier. Un pour une race que j’ai inventée (dont je vous en parlerai surement prochainement dans une newsletter), basée sur la météo thaïlandaise et l’autre ressemblant à notre calendrier européen. Autant vous dire qu’il me manque des cheveux sur le caillou. J’y ai également inventé quelques fêtes, pas très cohérentes. Et pour tout avouer, je ne me souviens même plus de leurs noms. La seule dont je me souviens est une version du Dia de Los Muertos, la fête des morts mexicaine.  

Dans ma version, les ancêtres sont fêtés autour de l’Arbre au Esprits. Un arbre sacré, présent à chaque entrée de villes et villages de ce pays basé sur le climat thaïlandais. Chaque ancêtre est représenté sur l’arbre, par une tuile en papier de riz flottant au gré du vent. À l’occasion de cette fête, tout le monde se réunit pour prier. Très solennel. L’image mentale est belle. Mais, compte tenu du climat que j’ai donné à cette région, du papier de riz est-il un choix judicieux ? Est-ce que cela ne va pas se détériorer à la mousson ? 

Créer ses propres fêtes pour son récit, c’est un bon challenge. Ça forge l’esprit, ça entraine la créativité. Attention cependant à rester cohérent avec l’ensemble de notre univers. C’est pour cela que s’inspirer des traditions locales est une bonne solution. En plus de cela, ça nous fait voyager, nous et nos lecteurs ! Et nous en avons bien besoin en ces temps troublés…

Si je veux solidifier ma fête des ancêtres, pourquoi ne pas me renseigner sur les fêtes similaires d’Asie ? Peut-être ont-ils une célébration qui se fête en extérieur et ne craint pas les caprices météorologiques ?

Le film d’animation Poucelina, inspiré d’Imbolc ?

C’est la question que je me suis posée quand je préparais cet article. Tout est là pour m’y faire penser.  

L’ode au soleil, la sortie de l’hiver, la purification des différents personnages, …

Résumé de Poucelina (pour ceux qui ne connaisse pas)

Poucelina (ou Poucette pour nos amis québécois) est un film d’animation musicale réalisé par Don Bluth en 1994, adapté du conte de Hans Christian Andersen : La Petite Poucette. 

Poucelina est une jeune fille de la taille d’un pouce, élevée par sa mère une vieille fermière. Un jour, elle rencontre le Prince des fées, Cornelius. Ils tombent immédiatement amoureux l’un de l’autre. La même nuit, elle se fera enlever par une grenouille qui a l’ambition que Poucelina épouse son fils. À partir de là, Poucelina va chercher par tous les moyens de rentrer chez elle.

Si le style d’animation et la patte graphique vous disent quelque chose, ce n’est certainement pas un hasard. Don Bluth, c’est le même qui nous a proposé Le Petit Dinosaure, Brisby et le Secret de NIMH, Fievel et le Nouveau Monde, Charlie (ou Tous les chiens vont au Paradis), Rock-O-Rico, Anastasia, … Bref, c’est un monstre de l’animation ! Et pour ceux qui sont familiers du monde du jeu vidéo, il a bossé sur les jeux suivants :

  • Dragon’s Lair 
  • Space Ace 
  • Et Dragon’s Lair II : Time Warp

Pour les personnes qui ne connaissent pas ce dessin animé, veuillez m’excuser mais pour le besoin de l’article, et du développement de mon idée, je vais avoir besoin de spoiler.

Expérimentation d’analyse

Trois points me font penser que ce film reprend les codes d’Imbolc :

  • La chanson de Poucelina : Merveilleux Soleil (Symbolisme du retour à la lumière) 
  • La sortie de Poucelina du terrier (purification) 
  • Les retrouvailles entre Poucelina et Cornélius (transformation, purification et prospérité)

Maintenant, est-ce que les animateurs et scénariste l’avaient pensé en amont ? Rien n’est certain.  

Après avoir revisionné le film, l’histoire se déroule tout de même durant presque une année ! Poucelina et Cornélius se rencontrent à la fin de l’été. Durant l’automne et l’hiver, ils ne font que se chercher et se manquer, de très peu ! Par exemple, le moment où Cornélius se fait geler et embarqué dans son glaçon par le Baltringue (je kiffe ce perso !) et deux secondes plus tard, Poucelina tombe dans la foutue flaque créée par l’extraction du glaçon. Si c’est pas rageant. Bon, on même temps, si elle était arrivée avant, elle aurait vu l’amour de sa vie cryogénisé. Je ne sais pas si c’est mieux.

Petite, je ne m’étais pas rendu compte de la longueur de leur aventure. Normal, l’animation et l’enchaînement des scènes sont faits pour qu’il n’y ai pas de lenteur et éviter que les spectateurs ne décrochent.

Mais avec mes yeux d’adultes, je suis estomaquée par le temps qui sépare la rencontre de Poucelina et Cornélius et leurs retrouvailles. Presque un an !

Avec tout ce passage de saison, je pourrais me dire que toutes les fêtes sont présentes dans l’histoire. Et bien non. Leur passage est bien marqué : 

  • Les feuilles tombent d’un coup à l’automne ; 
  • Des stalactites se forment en deux secondes à l’hiver.

Mais aucune autre fête, avant Imbolc, n’est représentée. Durant l’automne et l’hiver, il y a, comme sabbat :  

  • Samhain, Halloween (31 octobre – 1er novembre). Fête reconnue pour être celle où le voile entre la vie et la mort est le plus fin ; 
  • Yule, avant Noël (21 et 23 décembre). Sabbat fêtant la nuit la plus longue de l’année.

L’histoire s’attarde surtout sur la saison hivernale, mais ne montre pas Noël ou Yule. C’est pourquoi, je suis convaincue que c’est surtout Imbolc qui est mise en évidence, avec la nature de Poucelina, son adoration pour le soleil ainsi que sa renaissance en sortant du terrier où se déroulait son mariage avec Monsieur Miro. En sortant de ce tunnel, c’est comme si – par symbolisme – elle se purifiait de toutes ses aventures pour ainsi mieux épouser sa propre nature et laisser l’occasion à ses ailes de pousser.

Cette histoire me fait penser à encore plein d’autres choses, comme les messages derrière et une histoire de lien d’âme. Peut-être qu’un jour je m’attarderai à développer cette idée. 

Avec tout cela, nous pouvons en conclure qu’outre reprendre des fêtes anciennes ou actuelles, il est également possible d’en reprendre leurs symbolismes et de créer une histoire forte et riche.

Comments

  • Caroline Giraud
    3 février 2021 - 17 h 21 min · Répondre

    Même sans aimer la fantasy je suis quand même toujours admirative du travail que ça doit demander de construire un univers. Ton article est très intéressant et ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu parler de Poucelina !

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